Plaidoyer pour le commerce équitable : Les acteurs sénégalais mettent au point un programme commun
Sidy Dieng—Jeudi, Novembre 19, 2009
(Correspondance) - ‘Pour l’Afrique et particulièrement pour le Sénégal, la voie offerte par le commerce équitable est la réponse adéquate à la réussite des projets visant à développer l’artisanat local mais aussi l’agriculture et par conséquent le commerce intérieur’. Ce constat est celui du directeur du commerce intérieur, Alioune Diouf, qui présidait la cérémonie d’ouverture de l’atelier national sur le commerce équitable, tenu dans la cité du rail. Une rencontre de trois jours, organisée par la Coopération africaine du commerce équitable (Cofta) dans le cadre du lancement de son plan d’actions et de son réseau. Pour le directeur du commerce intérieur, il ne fait aucun doute que le commerce équitable contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, particulièrement ceux de la partie sud de la planète. ‘Il est bien d’arriver à certains niveaux de production mais il est encore mieux de tirer profit de ces productions par une bonne commercialisation. Une commercialisation qui profitera aux producteurs locaux et qui sera ainsi le point de départ d’un retour des populations vers l’agriculture puisque celle-ci sera alors génératrice de revenus’.
Cette vision du directeur du commerce sera aussi largement partagée par Lansana Sakho, consultant pour le Cofta. Pour ce dernier, le commerce équitable est aujourd’hui le seul vecteur et un des seuls moyens qui peuvent permettre d’avoir un développement durable. Aussi fera-t-il savoir que ce qu’on entend par commerce équitable n’est rien d’autre qu’une répartition équitable des richesses : ‘Le producteur va être rémunéré correctement par l’acheteur’. Or, se désole-t-il, aujourd’hui au niveau des règles du commerce international, les petits producteurs africains n’ont pas voix au chapitre. Et Lansana Sakho de dire que c’est cette tendance-là que commerce équitable entend renverser.
A la question de savoir si cette autre façon de faire du commerce préconisée par le commerce équitable peut prospérer dans un pays comme le Sénégal, Lansana Sakho se voudra catégorique. Pour lui, il n’y a pas d’autre choix. ‘Il faut que le commerce équitable arrive à prospérer puisque c’est la seule voie qui peut permettre aux pays du Sud de sortir du sous-développement et aux producteurs de vivre de leur métier’, dit-il. Aussi estime-t-il que ce que les décideurs sénégalais doivent faire, c’est renforcer les producteurs en termes de capacité et d’accès aux marchés. Car, même s’il y a toutes les organisations du commerce équitable qui travaillent dans ce sens, il n’en demeure pas moins que les producteurs sénégalais ont besoin d’accompagnement et de cadre légal.
S’agissant de la rencontre de Thiès proprement dite, elle se veut, selon les organisateurs, une façon de développer un plaidoyer pour le commerce équitable pour porter la voie des producteurs. Ainsi, l’objectif de ladite rencontre sera d’amener tous les acteurs du commerce équitable présents à l’atelier à travailler ensemble pour développer un programme de plaidoyer commun pas uniquement pour le Sénégal mais pour l’Afrique tout entière. Etant entendu que le Sénégal doit servir de référence dans ce mouvement puisque choisi pour être le point stratégique le plus apte pour assurer la liaison entre l’Afrique du Nord et de l’Ouest.

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