Comme tous les grands mouvements de changement social, le commerce équitable est un projet bien compliqué et imparfait.
Ce mouvement populaire, qui pour certains a vu le jour pour s'opposer au libre-échange mondial, a éventuellement donné naissance à un ambitieux système de certification et d'étiquetage qui s'est maintenant transformé en organisation mondiale complexe. Une idée toute simple mais combien puissante, impliquant au départ des paysans producteurs de café, englobe maintenant un vaste éventail de produits incluant les ballons de soccer et bientôt, l'or artisanal. Depuis le lancement en 1988 de la première initiative mondiale d'étiquetage équitable, Stichting Max Havelaar fait maintenant partie d'un réseau international qui compte vingt-trois agences de certification dont TransFair Canada, et trois réseaux de producteurs regroupés au sein de Fairtrade Labelling Organizations (FLO) International.
Le développement fulgurant qu’a connu le commerce équitable au cours des dernières années a mené ce mouvement à la croisée des chemins : Faire croître le marché équitable en volume avec les critères actuels, voir parfois plus ouverts; ou le faire croître en qualités sociales et environnementales afin qu’il serve de locomotive au développement d’un système d’échanges véritablement équitable à l’échelle globale.
Rappelons que le commerce équitable est né du désir d’établir un rapport de justice plutôt que de charité entre le Sud et le Nord, entre producteur et consommateur. À l’origine, il cherchait à faire sortir de la marginalité les bafoués du système afin de leur permettre de vivre dans la dignité. Le commerce équitable était perçu comme un moyen pour en venir à une plus grande justice économique. Il n’était pas une fin en soit.